Faute d’être reconnues, nos eaux intérieurs soulèvent de grandes vagues où nous risquons de nous noyer. Car l’émotion déferle en nous comme une lame qui nous porte, nous emporte ou nous submerge.
Guy Corneau
Il existe, au fond de nous, des espaces que l’on a appris à fuir. Pourtant, c’est précisément là, dans le silence, que la guérison trouve son point de départ.
Derrière de nombreuses souffrances, qu’elles soient psychiques ou physiques, se dissimulent des émotions refoulées et des besoins fondamentaux non satisfaits.
Lorsqu’on les ignore, qu’on les retient ou qu’on les comprend mal, ces émotions finissent par s’exprimer à travers le corps sous forme de troubles psychosomatiques, tout en nous piégeant dans des schémas qui se répètent, encore et encore.
Le travail émotionnel consiste justement à leur ouvrir un espace d’accueil, à les écouter avec bienveillance. À force de leur accorder cette attention, nos émotions peuvent retrouver une place juste. Elles cessent de nous submerger.
Nous n’avons plus besoin de les subir.
Nous ne sommes plus nos émotions.
Nous ne nous identifions plus à elles.
Nous nous libérons de notre souffrance.
Le Problème (symptôme) peut alors devenir la Solution (vers la guérison).
Ce qui apparaît initialement comme un obstacle peut ainsi se muer en une voie vers la guérison. En pansant nos blessures, nous nous libérons peu à peu des schémas qui nous entravent. Nous redevenons maîtres de notre propre existence, guidés par une boussole intérieure enfin audible.
Reste une évidence : pour emprunter ce chemin, encore faut-il décider d’y poser un premier pas.